Conclusion:
La CEE - ONU: promotion du dialogue et de la cooperation regionale pour construire des reseaux de contacts et des ponts entre les entites et les ensembles composant la region
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Economic Globalisation, the World Trade Organisation, its Ministerial Conference in Seattle , and the Modern Society
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Le nouveau paysage institutionnel qui s'est met en place apres l'onde de choc de 1989 en Europe et la division du travail par les organisations europeennes et transatlantiques souleve plusieurs questions. Ainsi, il est fonde de se demander si les pays occidentaux, les Etats-Unis et Union Europeenne en tete n'ont pas sous-estime le potentiel et les avantages de la CEE - ONU alors qu'ils accordaient une importance privilegiee au role de l'OCDE et de l'OTAN a l'egard des pays de l'Est. La demarche parait logique, car elle s'appui sur des institutions qui ont fait leurs preuves et qui, de surcroit, incarnent la politique de l'Occident : l'une sur le plan de la conception et de l'analyse des politiques economiques et l'autre dans le domaine de la securite.
Cette demarche accompagne et complete la politique active de l'Union Europeenne et des Etats-Unis, et s'inscrit en outre dans le cours des evenements qui confirme la superiorite du systeme occidental sur les regimes de nature sovietique. Cette demarche comporte une faille, dans la mesure ou elle risque d'institutionnaliser le desequilibre engendre par l'effondrement de l'ancien bloc sovietique. En plus, elle a tendance a sous-estimer le facteur temps et a ne pas tenir compte de la puissance, certes fragilisee mais toujours presente, de la Russie ainsi que de la realite des autres pays de l'Europe de l'Est. Cette demarche impose une vision occidentale unilaterale, bien que diversifiee, aux pays de cette region dont beaucoup traversent de facon plus ou moins marquee, des crises politiques et economiques en raison de leur restructuration profonde.
Certes, certains pays cherchent a s'abriter sous l'aile de l'OTAN et a s'integrer a l'Union Europeenne. Pour eux il s'agit d'adherer au «club» de l'UE en acceptant ses regles du jeu et ses acquis. Toutefois, un nombre important de pays vont demeurer en dehors de l'Union meme s'ils continuent a y etre associes par des accords bilateraux. L'approche appliquee par l'Union europeenne et les Etats-Unis risque donc de maintenir ou de creuser les clivages et les ecarts existant entre les pays de l'Europe de l'Est, voire d'en faire apparaitre de nouveaux. Quels que soient les cas de figure envisages - des plus prometteurs aux plus catastrophiques - il est indispensable de disposer d'une ou plusieurs enceintes au sein desquelles l'ensemble des pays europeens puissent avoir la chance de s'informer, de confronter leurs points de vue et de chercher en commun des solutions durables qui assurent a la fois la securite et le bien-etre de l'Europe.
La CEE - ONU offre ce cadre de dialogue regional dans nombre de domaines economiques et techniques. C'est en son sein que les pays occidentaux peuvent entendre les propositions, revendications ou reactions de l'ensemble des pays de l'Est. En meme temps, ils ont l'occasion d'y forger des instruments d'integration economique autour d'un consensus aussi large que possible. La CEE - ONU permet notamment la participation de l'Ukraine et de la Russie. Sans l'inclusion de ces pays, pas de securite durable en Europe, et sans leur association etroite avec l'Union europeenne, l'Europe diminue serieusement ses chances au debut du XXIe siecle.
La CEE - ONU contribue donc a eviter que soient dressees de nouvelles barrieres et a ecarter toute ombre de menace, reelle ou fictive, d'une politique de domination d'un pole sur le reste de la region. En ce sens, elle rend un service irremplacable en Europe dans son ensemble mais aussi plus specifiquement a l'UE. Sur une base depourvue de complexes de superiorite, la collaboration de cette derniere avec la CEE - ONU merite d'etre renforcee: bien que leurs budgets soient sans commune mesure, la CEE - ONU apporte sa longue experience, sa connaissance approfondie des pays de l'Est ainsi que les reseaux de contacts et d'echanges multiples qu'elle a tisses au cours de ses cinquante dernieres annees d'activites. Elle y ajoute aussi - ce qui est loin d'etre negligeable - tout le capital de confiance qu'elle a discretement accumule. L'Union europeenne ne peut donc faire un meilleur choix que de s'engager plus resolument dans une collaboration efficace avec la CEE - ONU. C'est la strategie que l'on est en droit d'attendre de sa part et de celle de ses Etats membres. Passant outre des considerations de prestige ou de preseance, une telle strategie tiendrait compte au premier chef de la capacite de la CEE - ONU a creer, etendre ou harmoniser de nombreux outils d'integration a l'echelle de la region de l'Amerique du Nord, l'Asie centrale et de l'Europe, tout entiere.
L'avenir de la CEE - ONU depend de l'evolution des besoins des pays membres, de la necessite qu'ils ressentent ou non de construire entre eux un ensemble harmonieux et de la conviction qu'ils auront que la CEE-ONU est le meilleur lieu pour le faire. Dans ces conditions, la Commission restera, tout d'abord, pour longtemps le seul lieu ou tous les pays qui la composent se retrouvent et negocient sur un pied d'egalite. Il sera toujours necessaire pour les differents entites et ensembles qui composent la region d'avoir une enceinte ou ils peuvent dialoguer et construire des ponts entre eux. C'est ce que la Commission sait faire avec sa tradition du dialogue et sa capacite d'elaborer des instruments d'integration communs a tous ses membres.
En second lieu, la Commission a montre sa capacite d'adaptation: au debut et a la fin de la guerre froide, ainsi qu'a l'occasion de la reforme qui se met en place. S'adapter c'est changer, mais c'est aussi garder la memoire, les reseaux, ainsi que le savoir-faire. A l'enthousiasme un peu naif que suscite ce qui est nouveau succede souvent la desillusion, car une idee simple est rarement la reponse a un probleme complexe, et l'inexperience rarement la garantie qu'une institution nouvelle apportera la bonne reponse. C'est l'ancien secretaire executif de la Commission, M. Berthelot, qui soulignait: «La Commission est plutot comme un arbre fruitier qu'il faut emonder de temps a autre pour qu'il donne de beaux fruits; les jardiniers avises le savent, les gouvernements aussi.»
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